Regarde moi.. J'ai trop souffert. Serre moi dans tes bras je n'attend que ça. Tu sais si je te repousse c'est parce qu'on m'a trop souvent réduit le coeur en miettes. On a trop souvent aboli les valeurs désuètes auxquelles je croyais dur comme fer, l'amour, la fidélité, toutes ces allégories que mon subconscient créait pour me rassurer. Sans se rendre compte je m'emmurais moi-même dans mon palais doré, ma prison de verre. Tu sais mes yeux ont trop souvent pleuré pour des garçons qui n'en valaient pas la peine, fiers de leur autosuffisance et de leur lâcheté. Tu sais mes joues ont trop souvent été trempées de mon désespoir, souillées de mon chagrin, chaque larme qui s'écoulait le long de mon visage me rappelait que j'étais actrice de mon propre drame. Chaque goutte de tristesse qui s'écrasait sur mon oreiller n'était qu'un appel au secours. Tu sais on m'a pas assez souvent dit que j'étais quelqu'un de bien. Sous toutes mes apparences que je montre, je suis fragile. Trop sûrement. On ne m'a jamais dit que je pouvais être importante aux yeux de quelqu'un. Merde ce que je peux manquer de confiance. Dis moi toi, que tu m'aimes. Dis moi que tu m'aimes pour tout ce que j'incarne. Dis moi à travers chaque baiser, chaque mot, chaque regard, chaque parole, chaque étreinte. Dis moi que tu pense à moi à chaque seconde qui passe, à chaque inspiration que tu prends. Dis moi que tu n'es pas éphémère. Que cette évanescence contagieuse ne t'as pas atteint, que tu ne t'évanouiras pas dès que je m'accrocherai à toi. Tu sais, l'amour pour moi, c'est devenu comme le paroxysme d'une maladie incurable. Et comme l'amour est indissociable du bonheur, je ne l'ai pour l'instant, qu'effleuré du bout des doigts. Je pense d'ailleurs que c'est un truc que seul les autres connaissent, un machin légèrement obsolète et étrange. Je pense que l'amour est mort, que c'est une chose passée que je ne connaîtrais jamais. Dis moi toi, que je me trompe. Dis moi que tu seras toujours là. Dis moi que je suis la plus belle chose qu'il ne t'ai jamais arrivée, que tu donnerais tout ce que tu possèdes et plus encore pour moi. Regarde moi me remettre encore un peu plus de mascara sur les yeux. On dirait que j'étale ma propre tristesse en plein milieu du visage. Je suis une antithèse. Je ne veux pas montrer mes problèmes et pourtant je n'attend que quelqu'un comme toi pour m'aider. Tu peux être mon issue de secours, me sauver de l'abîme dans laquelle je me plonge peu à peu. Tu sais j'ai eu mon lot de déception. Alors, ne fait pas partie de ce lot là..
-- Marion.L ---- 1er Août 94 ---- Bernay (27) ---- CAP Coiffure ---- Alone._-